Julien MARCLAND | Sextine for Enora. – poème du mois
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Sextine for Enora. – poème du mois

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Sextine for Enora.

 

Chaque été recèle tous les étés

qui furent, enfant, éveil au jardin

que brise le pépiement des oiseaux

dans la chaleur grandissante invisible,

où, endormis sous les tilleuls à l’ombre,

nous rêvons un avenir sûr, des toiles…

 

 

où se mêlent en la distance des voiles,

présent, passé, avenir, dans l’été,

figures de nos proches aimés dans l’ombre

par delà l’océan, « l’autre jardin »,

du ciel la rumeur lointaine invisible

d’un primate, papillon, ou oiseau.

 

 

Est-ce vous mes amis chantant oiseaux

qui me parlez en direct sur la toile

d’un réel révélé de l’invisible

via les stries de la lumière d’été

nuançant mes vers d’herbes du jardin

voletant sous les frondaisons de l’ombre ?

 

 

Le temps offre à chaque vie sa part d’ombre

et nos amours, ma fille, comme oiseaux

d’un arbre à l’autre croisent le jardin

pour trouver refuge et tisser leur voile

pour une saison plusieurs en l’été :

architectes chantant de l’invisible.

 

 

En la compagnie d’anges invisibles

entre ces espaces étranges d’ombre

que reste-il à l’autre à part « l’été »

incandescent et tellurique oiseau,

la mer pure et bleue du ciel songé toile

pour une Aphrodite dans le jardin ?

 

 

Celui des Hespérides, ce jardin,

avec ses pommes d’or, graals invisibles,

en perspective rebelle de voiles

blanches sous ce même soleil sans ombre,

où ce qui fût demeure, file l’oiseau

de l’avenir, tes pas, traces d’étés.

 

Rien ne peut briser cette fille d’ombre

Dans le jardin, la Sextine d’été,

voile ou toile aimée, l’invisible oiseau.